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L’art d’être équilibriste

1 octobre 2012
Par Sophie Lamoureux, conseillère pédagogique CPE Enfants Soleil

Préoccupation bien réelle, la conciliation travail-famille est au cœur de nos vies. Depuis les dernières années, les contextes sociaux et économiques n’ont cessé de se chambarder. Jean-Pierre Brun, auteur du livre « les 7 pièces manquantes du management », note que les exigences liées au travail et à la maison tendent de plus en plus à augmenter et à s’opposer. Selon Statistique Canada, 58 % des Canadiens se sentent d’ailleurs surchargés.

Grâce aux recherches faites sur le sujet, les répercussions sont désormais connues. Les domaines de la santé (obésité, dépression, migraine, fatigue, etc.), de la vie familiale (perte de transmission des valeurs, diminution de la socialisation, diminution de l’entente conjugale, etc.), de la collectivité (diminution de l’implication sociale, etc.) et du travail (absentéisme, difficulté de concentration, démotivation, etc.) sont atteints.

L’interférence des rôles parentaux et professionnels est donc substantielle. Elle engendre directement un sentiment dont il est difficile de se débarrasser quand il s’immisce… la culpabilité! Ce sentiment destructeur et envahissant n’augure rien de bon. Il nous met dans un état qui ouvre la porte, entre autres, à l’anxiété, à l’impatience, à la colère et à la tristesse.

Avoir l’impression de ne pas être à la hauteur, d’échouer là où d’autres réussissent, est une douche froide sur l’estime de soi des parents. La valorisation parentale est troublée. Chaque humain étant à la recherche de source de plaisir et non de déplaisir, le fait de rester sur cette perception entraîne de l’insatisfaction à l’égard de la vie familiale. Sentez-vous le cercle qui s’installe de façon insidieuse ? Le parent n’éprouve plus de sentiment de réussite. Il devient donc plus vulnérable, ce qui réduit sérieusement sa VRAIE capacité de jouer pleinement son rôle. L’équilibriste est déconcentré et perd pied… la chute est imminente.

Et nos enfants dans tout ça ? Ils assistent passivement au spectacle… Vous n’aurez donc aucun mal à imaginer qu’ils vivent eux aussi les impacts de cette situation, et ce, tant au niveau du développement cognitif et émotif qu’au niveau des comportements qu’ils développeront. Les conséquences se feront assurément sentir.

Un parent tendu et stressé aura de la difficulté à offrir à son enfant des moments stimulants, sains et calmes qui favorisent les précieux apprentissages cognitifs.

Quand vient le temps de faire des choix sur les stratégies disciplinaires, il aura tendance à être plus réactif. S’en suivent donc des punitions plus nombreuses au détriment d’une approche éducative préventive. Les méthodes choisies qui sont plus fréquemment inappropriées influencent le développement émotif des enfants. L’enfant peut se mettre à douter de lui, fragiliser son estime de soi et vivre une diminution de ses compétences sociales. Une des réactions possibles de l’enfant qui vit cette
situation est de devenir désobéissant et de développer des comportements d’agression envers les autres.

Vous qui n’aviez déjà plus de temps, vous voici donc encore plus occupés, avec votre petit trésor qui se transforme en volcan en éruption!

En résumé, quand un parent est épuisé, c’est toute la dynamique relationnelle entre lui et son enfant qui en souffre. Mais la bonne nouvelle, c’est que vous pouvez y faire quelque chose!

J’aimerais vous tendre une perche pour aider l’équilibriste en vous à rester stable… mais comme chaque réalité que vous vivez est unique, il n’y a pas de solution unique. Par contre, ce que je sais, c’est qu’encore une fois, la prise de conscience du conflit est le premier pas vers le changement. Sentez que vous avez un contrôle sur la situation. Certains aspects de vos vies ont des contraintes, mais n’oubliez pas que d’autres sont sous votre gouverne exclusive.

La vie est parfois un cirque, mais vous pouvez la traverser, bien en équilibre sur votre fil de fer!

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