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Pourquoi j’ai amené ma fille de six ans à l’université ?

1 avril 2017
Par Mariève Paradis, éditrice de Planète F Magazine et mère de deux enfants de quatre et six ans.

J’ai profité de la relâche pour faire une activité spéciale avec ma fille de six ans. Je l’ai amenée à l’université. Une belle occasion d’expliquer l’importance de l’éducation !

Mes parents sont allés à l’université. Je sais que je suis privilégiée. Parce que les enfants dont la mère est allée à l’université ont davantage de chance d’aller eux aussi à l’université, de se trouver un emploi, d’être des citoyens engagés dans la société.
 
Au-delà des statistiques et des études, c’est d’avoir vu ma mère étudier, de l’avoir accompagnée à la bibliothèque de l’université, de la voir lire des livres qui ont piqué ma curiosité. Au secondaire, je refusais d’aller aux études supérieures. Un peu rebelle, je ne voyais pas l’intérêt d’étudier encore cinq ans avant de travailler.
 
Après mon secondaire, je suis allée étudier aux États-Unis pour apprendre l’anglais. En soif de découvrir le monde, cette douche froide m’a plutôt expliqué les conséquences de l’ignorance. Parachutée dans un petit patelin de 2 000 habitants dans la ceinture religieuse des États-Unis (Bible Belt), j’ai compris que l’ouverture sur le monde et l’éducation étaient des clés pour comprendre le monde. J’ai compris que la connaissance et le savoir nous permettaient d’être de meilleures personnes. Quand on sait bien les utiliser.
 
Parler éducation avec un enfant
Elle était un peu intimidée par l’endroit. J’ai rapidement expliqué ce qu’était l’université.
« Tu n’as pas à être intimidée. C’est un endroit où les adultes apprennent. »
« Maman, les adultes ne savent pas tout ? »
« Non ma chérie. On apprend toute la vie. Quand on sait qu’on va apprendre toute notre vie, c’est excitant, tu ne trouves pas ? »
 
Alors qu’elle commence à peine son parcours scolaire à la maternelle, je trouvais l’opportunité tellement grande de lui expliquer ce que voulaient dire toutes les années d’études qu’elle amorçait. « Quand tu vas avoir 12 ans, tu vas aller au secondaire. Ensuite, si tu veux, au CÉGEP, et à 20 ans, si tu en as envie, tu pourras venir ici. Ou dans une autre université. Pour apprendre des choses, pour apprendre à travailler. »
 
Une visite qui fait drôlement réfléchir
J’étais fière de voir ma fille émerveillée par l’atrium de l’UQAM. J’espère qu’elle aura envie d’y aller… Et si, comme moi, elle se rebellait ? Et si elle ne voulait pas y aller ? Est-ce que ça voudrait dire que je n’ai pas réussi à faire briller l’étincelle de la curiosité, du savoir et de la connaissance ? Pourtant, plein de gens brillants ne vont pas à l’université et s’en sortent très bien…
 
Me voilà donc en train de revoir mes rêves pour mes enfants. Je les imaginais déjà, portant une toge, fiers de leur diplôme universitaire. Mais au fond, l’important, c’est qu’ils soient heureux, curieux, qu’ils aient envie d’apprendre tous les jours de leur vie. Est-ce qu’on a besoin d’aller à l’université pour ça ?
 
Comme parents, nous espérons toujours le meilleur pour nos enfants. Et si le meilleur, c’était de découvrir qui ils sont vraiment, au-delà de la pression de performance, de réussite d’examens et de tests d’admission ?
 
Je souhaite que mes enfants trouvent l’étincelle de leurs passions, qu’ils découvrent leurs talents et développent leur plein potentiel que ça soit en machinerie lourde, en ébénisterie ou en coiffure. On oublie trop souvent que l’éducation dépasse les murs des établissements scolaires.  

Planète F publie un premier magazine papier pour la Semaine québécoise des familles en mai. Pour se le procurer : www.planetef.com/magazine

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