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L’éducation autrement

1 décembre 2018
Par Marie-Pierre Boileau, maman d’Eliot 6 ans et d’Alice 4 ans

 

Lorsque notre enfant a atteint l’âge de 5 ans, le temps était venu pour nous de choisir son école. En résumé, il fallait l’envoyer dans l’école de notre quartier ou bien dans une école privée loin de notre quartier. Les choix nous semblaient restreints, l’avenir de notre enfant semblait tracé d’avance par un système qui nous paraissait limité.

L’envie de faire les choses différemment et d’exprimer notre droit de choisir le type d’éducation à donner à nos enfants a fait son chemin dans nos têtes. C’est ainsi que l’entrée à la maternelle de notre plus vieux s’est faite dans le confort de notre maison entouré de sa famille. Nous sommes entrés dans un monde que nous ne connaissions pas, celui de l’éducation en famille, la tête remplie d’idées et de projets et le cœur emballé par cette nouvelle aventure.

Suivre le rythme d’apprentissage de notre enfant, se sentir libres d’apprendre, se sentir libres de notre temps, laisser libre cours à la curiosité et à la créativité de nos enfants : les raisons sont nombreuses et variées pour adopter l’éducation en famille et en faire un mode de vie.

Le terme « école à la maison » est souvent utilisé. Personnellement, je préfère parler d’éducation en famille, ce qui reflète beaucoup plus notre réalité quotidienne. L’éducation se fait en continu : à la maison, à l’épicerie, au parc, en voyage, au musée, au théâtre, entres amis. Tout est prétexte à apprendre, à la découverte d’un monde bien plus large que ce qui est souvent présenté aux enfants. Apprendre les fractions, étudier les peuples anciens, faire un voyage en France pour observer les peintures rupestres, participer à des ateliers de philosophie, tout ça en première année. L’écoute des envies de nos enfants est au cœur du processus. L’enfant est le créateur du plan d’apprentissage. Il est le guide et nous, en tant que parents-éducateurs, nous sommes les accompagnateurs. Nous fournissons les outils pour que sa curiosité soit satisfaite, pour que son goût d’apprendre soit stimulé et que sa joie de vivre s’exprime à son plein potentiel.

L’éducation en famille reste marginale dans notre société et ne vient pas avec un manuel d’instruction. Les défis sont importants : l’organisation du quotidien, la gestion des enfants de niveaux scolaires différents, la stimulation des apprentissages, les doutes sur le cheminement, la peur de se tromper, la façon d’aborder les critiques de l’entourage. Malgré tout cela, les récompenses sont nombreuses : le bonheur de partager notre quotidien avec nos enfants, de participer activement à leurs apprentissages, de transmettre les valeurs qui nous sont chères, de constater que nos enfants apprécient chacune de leur journée, de voir nos enfants prendre en main leur éducation et leur vie.

Pour nous aider dans notre quotidien, plusieurs ressources existent. L’Association québécoise pour l’éducation à domicile défend les droits des familles qui ont choisi ce mode d’éducation. Elle nous accompagne dans les démarches administratives, elle fournit l’information nécessaire pour se lancer dans l’aventure. Nous sommes également membres du centre Communidée qui regroupe une quarantaine de familles. Nous nous rencontrons plusieurs fois par semaine dans un grand local que nous louons afin d’offrir à nos enfants des opportunités d’apprentissage par le biais d’ateliers de céramique, mathématiques, langues, histoire, arts plastiques ou ingénierie. Les parents partagent leurs connaissances avec toute la communauté. Ensemble, parents et enfants, nous construisons un monde enrichissant.

Nous avons sauté à pieds joints dans un monde inconnu il y a deux ans. Aujourd’hui, nous sommes heureux d’avoir plongé et de partager notre expérience.

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